Les livres du bouquineur...



Les livres, les bouquins, les manuscrits, les carnets, les mémoires, les recueils, j’en passe et des meilleurs … 

Le bouquineur les empile et les entasse, les classe et les note, les dévore, les lit et les relit… Il consigne ses avis et impressions dans de petits carnets qui sont à leur tour empilés dans un coin de son bureau. 

Ses étagères débordent, des tas se transforment en colonnes supportant elles-mêmes des planches sur lesquelles siègent ses livres préférés. Il en a tant qu’il est bien incapable de faire un choix lorsque je lui demande, un brin malicieux, quel est son favori ! 

Sa cheminée ne fume jamais, même en période de grand froid… Trop de livres sont entassés en vrac près de l’âtre, délaissés depuis longtemps. Sa maison est la maison des courants d’air, tant il a peur que ses précieux bouquins prennent feu. 

Quant aux livres trop gros, eux, ils restent à la porte de son domaine et trônent au milieu de son jardin, entourés d’herbes folles – ou pas – et de fleurs exotiques jalouses de ces derniers qui empiètent sur leur si petit lopin de terre… 

Parfois le bouquineur ouvre l’un d’entre eux, monte au sommet de sa tour et va sur son balcon sans rambarde aux allures de plongeoir. Là, affublé d’un magnifique maillot de bain blanc à pois rouges, d’une bouée licorne, d’un tuba et de son chapeau de sorcier dont il ne se sépare jamais, il plonge littéralement dans les pages, histoire de faire quelques brasses au beau milieu des lettres et des mots, des phrases et des paragraphes, des vers et des strophes, qui se transforment très vite, dans son imaginaire débordant, en un nouveau monde… 

Et c'est cette petite île magique sur laquelle il vit qui flotte de par le vent étoilé au beau milieu de mon pays des songes.

Si vous aussi, vous souhaitez voir un bouquineur flotter par chez vous, certains d'entre eux sont disponibles ICI

























La Fée Des Dents, de Graham Joyce, où lorsque les cauchemars et les fantasmes de l'enfance prennent vie...




Résumé de l'éditeur

La fée des dents , ainsi appelle-t-on la petite souris qui passe sous l’oreiller des bambins en Grande-Bretagne. Une innocente invention, un conte pour enfants… jusqu’à cette nuit où le jeune Sam Southall la surprend dans sa chambre ! Voilà qui n’était pas prévu… ni le fait que la créature, qui s’appelle Quenotte, se révèle bien différente de la fée bienveillante qu’imaginent les petits. Perverse, dangereuse, elle va poursuivre Sam et sa bande de copains tout au long de leur adolescence, rythmée par des drames affreux, et changer leur vie pour toujours… Voici enfin réédité le chef-d’œuvre de Graham Joyce sur le merveilleux et l’étrangeté du monde de l’enfance, un somptueux roman initiatique dans la lignée de Stephen King et de Ray Bradbury. Un classique effrayant, nostalgique et drôle. 

Mes impressions 

Tout d'abord, un grand merci aux éditions Bragelonne qui ont décidé de fêter leur 10 ans tous les ans et d'éditer ainsi dix livres à dix euros l'unité une fois l'an ! Dix livres dans un format de qualité, souple et léger, à la couverture toujours très originale. De beaux objets pour un contenu varié qui permet aux lecteurs de découvrir pour un prix modique d'autres auteurs et leurs univers...

Mais revenons à cette fée des dents, ce conte fantastique qui mélange astucieusement le monde imaginaire de l'enfance aux contes anglo-saxons les plus terrifiants.

Cette fée qui répond au doux nom de Quenotte, est terriblement flippante. Graham Joyce a eu l'idée géniale d'en faire une espèce de lutine machiavélique, sournoise, jalouse, possessive et revancharde, dépendante des humeurs et émotions de Sam, l'enfant qu'elle malmène. A elle seule, elle représente les cauchemars, les terreurs et même les fantasmes de l'enfance.

Oui mais voilà, est-elle vraiment réelle ? C'est la question que l'on se pose durant une bonne partie du roman... Est-elle vraiment là, où n'est-ce qu'une création, un ami imaginaire un tantinet déviant qui sert à Sam d'exutoire ? Qui lui sert même à justifier des actes parfois répréhensibles ?

Et comme Sam, ainsi que ces copains, ont une enfance tourmentée, ponctuée par des drames, par une violence latente qui parfois leur explose au visage, Quenotte traîne ses bottes derrière toute leur enfance. Elle pousse même le vice jusqu'à prolonger sa présence à l'orée de l'adolescence. Les premières amours n'arrangent rien à l'affaire et la puberté majore ses apparitions, transformant parfois le monstre tueur de rêves en fantasme...

Atypique et flippante, Quenotte n'en est pourtant pas moins attachante et on attend chacune de ses apparitions avec impatience. Elles ponctuent le roman et donnent le rythme. Et ce rythme, c'est celui d'une enfance dans un quartier anglais, celui d'un groupe de copains un peu livré à lui-même, qui fait d'énormes âneries pour s'occuper l'esprit, qui apprend la vie, la mort, l'amour. Ce rythme, c'est également le tempo du rock anglais des années 70 à 80, celui qui donne naissance à ces esprits un peu perdus, un peu rebelles et légèrement anarchiques. Cette histoire, c'est en quelque sorte un hymne à l'enfance, aux rêves qui la ponctuent, au renoncement à l'imaginaire pour un monde plus terre à terre, par amour ou par obligation. 

Atypique, parfois troublant, voire gênant, La Fée Des Dents n'en est pas moins un roman unique où l'auteur prouve que le fantastique n'est pas qu'horreur et aventure, action et terreur. Le fantastique peut être un moyen de traiter de sujets délicats,  tel que celui du renoncement à l'enfance.


Des cahiers pour se raconter des histoires...




Pour écrire une histoire ou encore son journal intime, pour gribouiller des dessins et quelques croquis, il vous faut d'abord...

Un crayon ! 

Certes.

Mais il vous faudra à un moment ou un autre, un support. 
Qu'il prenne la forme d'un carnet ou d'un cahier à spirale, l'important, c'est qu'il sera le vôtre et n'aura rien de commun avec celui de votre chère cousine Berthe.

Les miens sont accessibles en cliquant ICI.











Non, n'insistez pas; Nono le petit robot est mon associé dans cette affaire... 
Il n'est pas à vendre !

Le Testament Zarkoff ... Silas Corey gagne en maturité.



NOVEMBRE 1918.
POUR DES MILLIONS DE FRANÇAIS, LA GUERRE EST TERMINÉE...
POUR SILAS COREY, ELLE NE FAIT QUE COMMENCER.








Me voilà à nouveau devant un coffret des plus tentateur; un diptyque relatant la guerre secrète de notre gentleman préféré, Silas Corey... Je craque !





L'intrigue, cette fois, pousse Silas, encore plus désabusé que lorsque nous l'avions quitté, a jouer les infiltrés en Bavière pour y rechercher l'héritier de la mère Zarkoff. Vous savez, c'est cette vieille dame machiavélique que l'on croise dans le premier opus, celle qui est à la tête du plus grand empire industriel de l'armement et qui met à genoux tous les politiques de l'époque...
Comble du comble, la mère Zarkoff est mourante et recherche un héritier.

Pourquoi ne pas demander à notre détective de le lui ramener ? Oui, mais pour qui va-t-il vraiment le rechercher ? Pour les Français qui veulent mettre à la tête de cette industrie des armes un de leurs sympathisants ? Pour éviter que l'Allemagne ne se l'accapare ? Ou simplement pour lui, pour tenter de soulager sa conscience trop aiguisée du monde dans lequel il évolue ? Ou enfin, pour se voir octroyer une paie rondelette ?

Là encore, l'auteur joue avec la complexité de son personnage et sème insidieusement le doute dans l'esprit de son lecteur. Même si les amis de notre détectives sont toujours présents dans ce second diptyque, Fabien Nury s'arrange pour les écarter rapidement du héros. Silas se retrouvera vite seul et devra se la jouer solo pour se sortir de ce guêpier. Toujours aussi vif d'esprit, il semble déjà deviner ce qu'il va se passer en Europe et reste des plus cyniques, du moins en apparence...


L'histoire, vous l'aurez deviné, est plus sombre. En Bavière, on découvre les méfaits de la guerre et ses conséquences politiques. Nous voilà à nouveau embarqués dans une enquête qui nous les portes de coulisses de cette époque en pleine ébullition. Sa trame s'enchevêtre savamment dans les méandres de l'Histoire avec un grand H.  Ainsi on est tout autant atterré que notre héros lorsque l'on découvre qu'une Europe en ruines, sortant à peine d'une effroyable guerre, doit de nouveau faire face à la montée en puissance de la haine, la rancœur et le désarroi. Et c'est dans ce terreau des plus riches que poussent les nouveaux partis. Le communisme, entre autres, mais aussi et surtout un groupuscule en plein essor, baptisé Thulé, nouvel ennemi de Silas Corey, et qui dans cet univers secret, donnera sans nul doute naissance au nazisme... 

L'intrigue est brillante et nous tient en haleine du début à la fin. 

Le trait de Pierre Alary est toujours aussi vif et énergique et ses plans s'harmonisent à merveille avec le scénario de son compère. Les couleurs sont fouillées et nous plongent encore une fois dans l'ambiance si particulière de cette époque.





Silas Corey est un personnage avec qui il faut désormais compter dans l'univers si riche de la bande dessinée.
On en redemande... Encore et encore !

Si jamais vous ne connaissez pas la série, allez donc faire un tour par LÀ. Vous y trouverez mes impressions sur le premier opus des aventures de Silas Corey, Le Réseau Aquila.

Un Tote bag, c'est un sac à main, mais en anglais... Ca fait plus chic !



Oui, mes dessins s'exportent également sur des Tote bags.... 
On y range ce que l'on veut ; 
des mugs, des cartes postales, des coques d'i-phones, des carnets, des cahiers, des stickers et même des horloges... 
Ce que vous voulez, vous dis-je !
Soyez donc créatifs ! 
En tous les cas, les miens se trouvent ICI !






Lorsque Mathias Malzieu se transforme en vampire en pyjama...



Résumé de l'éditeur 

« Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon coeur. »

Mathias Malzieu

Mes impressions

Mathias Malzieu est un artiste touche-à-tout ; Poète, auteur, chanteur, musicien, scénariste... C'est un électron libre que j'adore écouter depuis longtemps... Depuis le fameux Song For A Jedi.
Et c'est tout naturellement, avec ses mots à lui et son univers fantasmagorique, qu'il nous conte sa traversée du désert lorsqu'un triste jour, il se découvre malade, touché de plein fouet par une aplasie médullaire.  

L'histoire pourrait être douloureuse et laborieuse à lire.

Oui, mais ce serait sans compter sur l'humour de l'auteur, et sa capacité à mélanger un récit authentique à ses rêves et fantasmes, à nous conter sa vie comme l'on nous relaterait une histoire fantastique... Ainsi et à ma grande honte, je n'ai pu m'empêcher de sourire lorsqu'il nous décrit la terrible épreuve de la biopsie médullaire, examen qui, pourtant, reste l'un des plus pénibles à vivre...
Ce livre se lit vite et étonnement, avec grand bonheur ! Il donne furieusement envie de croquer la vie à pleines dents, et rien que pour cela, il vaut de l'or.
Je suis infirmier... Alors, ce récit m'a sans doute touché un peu plus qu'une personne qui ne connaît pas l'hôpital et son univers.  Pour un soignant, c'est un plaisir et une découverte, que de voir l'autre côté du miroir, celui du patient et de son ressenti, surtout lorsque ce patient n'est autre que le chanteur de Dyonisos, un lutin un brin allumé et rêveur doté d'une volonté de survivre hors-norme et d'une créativité débordante... 

Enfin, dans la version que l'on m'a prêtée, l'on découvre en seconde partie Le Carnet de Board de Mathias Malzieu. Non content d'avoir fait un pied de nez à Dame Oclès, notre grand enfant est ensuite parti se balader en Islande en skateboard... Un brin déjantée, l'ambiance de ce récit est plus légère, et complémente à merveille le journal du vampire.

Mention spéciale, donc, à Dame Oclès, cette terrible et lascive dame fantasmée de toutes pièces, qui traîne derrière notre auteur, telle une ombre, et se moque de lui durant le long périple de sa maladie...

Du coup, je replonge avec bonheur dans l'écoute de La Mécanique Du Cœur, album associé au film éponyme, paru juste au moment où l'auteur découvrait sa maladie, et dont Jack, le héros, présente bien des similitudes avec le futur vampire en pyjama...  Troublante prémonition !

Et je m'en vais fureter du côté du label Eggman Record, qui a vu le jour durant cette difficile période... Pour les plus curieux d'entre vous, suivez-moi, c'est par ICI...


Une chanson gobeline...


Parce que dans mon monde, il n'y a pas que des lutins... Il y'a aussi des gobelins, des créatures viles, perfides, et surtout, sans aucunes peurs, qui ne craignent ni la souffrance, ni même la mort. Les gobelins se promènent en bandes, sans véritable buts apparents, si ce n'est faire du mal à autrui et s'amuser à son détriment. 

Les Gobelins n'ont jamais aimé les orcs, leurs cousins... Ils entretiennent une haine féroce envers leurs gros congénères. Voici l'une de leur plus célèbre complainte. 

Elle s'intitule sobrement... 



ORC



Porc sur pattes aux oreilles tombantes,
C'est avec ta trombine de sale clébard,
Que tu fais peur au plus vile clochard ;
Cache donc ton museau, truie grasseyante.


Aussi beau qu'une goule,
Baisse ta cagoule,
Mais pour ton souffle faisandé,
Une idée : finis de respirer !


Un orc, ça fouette,
Et pis c'est tout jobard.
Ça fait sa fillette,
Et pis c'est prétentiard !


Nés dans les fourneaux d'une reine à sabbat,
Toi et moi ne sommes pas des cousins.
Tout au plus sommes-nous simples voisins,
Entourés d'une pléthore de mamba.


Moi qui suis gobelin,
Bel et glorieux félin ,
Je suis vif, vilain et malin,
Je ne doute jamais de rien !


Alors tout haut je dis :


Un orc, ça fouette,
Et pis c'est tout jobard.
Ça fait sa fillette,
Et pis c'est prétentiard !


Ben quoi, ne m'la joue pas grand méchant loup,
Même avec ta face de citrouille,
Tu ne me foutras jamais la trouille !
Tu fais aussi peur qu'une vache-garou !


Moi qui suis gobelin,
Ni mains ni crocs ne crains.
Range tes chicots, labrador,
Retourne à la niche, Médor !


Je crie ton discrédit :


Un orc, ça fouette,
Et pis c'est tout jobard.
Ça fait sa fillette,
Et pis c'est prétentiard !


Sans quoi ton crâne qui dodeline,
Emplie d'une nauséabonde praline,
Je l'ouvre et j'en fais de la pure purée.
A la fourche, je vais m'en délecter. 


Moi qui suis gobelin,
Je ne fais point d'câlin !
Je coupe, je tranche et saigne.
Dans ton sang, moi, je me baigne !


J'en fais donc mon édit :


Un orc, ça fouette,
Et pis c'est tout jobard.
Ça fait sa fillette,
Et pis c'est prétentiard.


Ecoute la brute vérité,
Quant à notre fausse parenté :
Toi, orc, sourd aux oreilles tombantes,
Moi, gobelin aux esgourdes saillantes.
Toi, orc, énorme pachyderme flasque et moue,
Moi, petiot colosse, te traîne dans la boue.
Toi, orc au regard terne et suppliant,
Moi, aux yeux malicieux et pétillants.
Toi, orc, esclave et non-être,
Moi, libre, sans dieu ni maître !


Signons sans perfidie :


Un orc, ça fouette,
Et pis c'est tout jobard.
Ça fait sa fillette,
Et pis c'est prétentiard !


Toi qui es un pantin,
Je te hais sans un complexe,
Mets donc ça dans tes annexes :
Je suis un gobelin !


Ah ah ah ah ah !



Les livres du bouquineur...

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