Retour sur les terres d'Akbar avec le chevalier Bragon...





La quête de l'oiseau du temps a été initiée en 1983 par Serge Le Tendre et Regis Loisel. J'avais alors 5 ans... Oui, je sais, je commence à vieillir ! Vous croyez que je ne vous entends pas, vous, là-bas, espèce de petit geai moqueur ?

Bref, je devais en avoir dans les 18 lorsque j'ai foulé pour la première fois les terres d'Akbar, suivant les pas d'un vieux chevalier bourru répondant à l'appel d'une princesse sorcière...

Des terres autant sauvages et peuplées par des monstres tous plus horribles les uns que les autres que régies par des peuples aux lois et mœurs parfois déroutantes, vivant non pas en des contrées ou des régions, mais sur des marches...  Allez donc savoir pourquoi... 

Des terres emplies de vestiges d'un autre temps bien plus terrible encore, de temples et de ruines abandonnés, de jungles et de déserts ,qu'ils soient de sable ou de neige...

Des terres éternellement menacées par le réveil d'un dieu maléfique, enfermé dans une conque magique.

Rien que ça ?

Oh que non, La quête de l'oiseau du temps, c'est bien plus et même encore aujourd'hui, lorsque l'on ouvre le 9ème tome, paru en 2017, l'on en découvre un peu plus sur cet univers d'une richesse inouïe.

On ne sort pas indemne du cycle premier, La quête, à proprement parler, composée des quatre premiers tomes, ni plus, ni moins. La maîtrise est absolue et les personnages ont chacun un rôle déterminant dans une histoire qui pactise parfois avec les codes des drames shakespeariens... Alors oui, les plus jeunes d'entre vous auront sans doute un peu de mal avec le dessin qui ne correspond guère aux exigences actuelles... Et pourtant, cette énergie qui en découle, cette nervosité, et ce monde qui naît et se matérialise dans nos rêves de lecteurs, c'est juste fabuleux !
L'action et l'humour sont au rendez-vous et l'on s'attache plus que de raison à ces héros - ou antihéros - très facilement. L'humour est certes un peu potache, mais il se glisse sans méandres dans ce récit épique où une conclusion douce amère fait autant de mal aux différents protagonistes qu'aux lecteurs assidus...

Vient ensuite Avant La Quête, le second cycle, initié par le fabuleux L'ami Javin. Quelle joie de retrouver des années après,  en 98, Bragon et Mara, jeunes gens à peine sortis de l'adolescence, dans une préquelle narrant cette fois-ci le parcours d'un Bragon fringant et rebelle, qui, lassé d'une vie de garçon de ferme, s'enfuie vivre une aventure des plus épiques, transformant ainsi sa vie en un mythe connu de tous en son monde...

Des traits plus contemporains, des couleurs d'une richesse et d'un dynamisme impressionnants, un souci du détail qui donne envie de sortir une loupe lorsque l'on admire les arrière-plans...
Bref tout est là, au rendez-vous... hormis, peut-être, l'humour, délaissé au profit d'un scénario plus soucieux d'un certain degré de réalisme. 
Enfin, facile à dire lorsque l'on voyage à dos de Lopvents, qu'un dieu est - encore - enfermé dans une conque, que les sorciers font feu de tout bois et que les peuples paraissent tout droit sortis d'un croisement entre le petit peuple de Brocéliande et les pires abominations du cinéma d'horreur américain...

Depuis mes 18 ans, donc, je me délecte de chaque tome paru et je retrouve avec joie les héros du premier cycle, intégrés progressivement dans la trame complexe de l'histoire, se dirigeant inéluctablement vers la conclusion que l'on connait déjà...

C'est un régal que de lire cette oeuvre où la violence est de mise, certes, mais se justifie par la construction du récit, un bonheur pour les yeux que de découvrir cet univers foisonnant de créatures toutes plus étranges les unes que les autres.

Une fois que l'on y a goûté, on en redemande encore et toujours...

On frissonne face au Rige, on s'étonne de l'obstination de Pelisse, on s'amuse des accès colériques de Bragon, on applaudit aux pitreries du Bel Inconnu, on s'inquiète de Bullrog, ce conan velu, masqué tel un catcheur et ... Violet! 
Littéralement violet ! 
On attend avec impatience que le fouet ardent claque et que la hache tournoie, que les incantations soient prononcées et que les monstres rugissent...
On admire ces oiseaux qui s'envolent, ces papillons qui tournent autour des guerriers, ces fleurs inquiétantes qui siègent en arrière-plan.

Et pourtant Loisel, dans ce second cycle laisse la place aux nouvelles générations de dessinateurs et de coloristes, préférant s'associer à Le Tendre pour travailler au scénario.
C'est un pari honorable, risqué et sans nul doute payant... 

Dans L'Emprise, c'est au tour de David Etien de prendre le relais, et franchement, il le fait avec tant de panache qu'il entre sans peine dans une légende bien française qui compte de plus en plus d'admirateurs...



Malgré cela, certains soupçonnent Dargaud d'encourager les auteurs à allonger la série et jugent assez férocement ce tome, ne voyant pas forcément son utilité dans ce cycle. Pour ma part, je le juge INDISPENSABLE de par sa conclusion et les conséquences qu'elles auront sur les caractères de Mara et Bragon. 


Il n'est pourtant pas impossible que je manque d'une certaine objectivité lorsque l'on parle de Loisel et des univers sur lesquels il a posé sa patte.

Alors, qu'attendez-vous donc pour plonger à votre tour dans ce monde étrange et sans pitié, autant fantasmé que terrifiant ?



DRÜ !!!

L'Œuf de Tanglemhor, une fantasy épique magistrale et atypique !



Quatrième de couverture


« Le temps des mensonges est terminé, sombre crétin. C’en est fini du règne des accapareurs ! Les gros porcs qui gouvernaient l’Alliance ne tromperont plus jamais personne ! Les histoires inventées par vos faux prophètes pour imposer leur soi-disant « œuvre civilisatrice » ont vécu. Pourchassés par vos armées, réduits à la misère et à la famine loin de votre opulence, les peuples du Grand Aghar ont longtemps prié pour que leur vienne un sauveur. Alors, je suis venu. Moi, Krûl de Ssylsune, « monstre » issu des marécages les plus sordides où vous avez pu nous repousser, je suis venu. Pour vous faire payer vos crimes, votre insupportable arrogance. L’heure de la vengeance a sonné ! Qraasch et Naarubsahoum vous réclament le prix du sang ! »

Rejeté de tous, Krûl le semi-lacertys est devenu le prophète du dieu de la Vengeance pour tous les opprimés des cités du Bassin ctasharre et des terres indomptées du Grand Aghar. Ayant libéré par le fer et la sorcellerie les nations en colère, il règne sur un empire à la mesure de sa rancœur. Par la puissance de ses légions et le contrôle exercé par ses prêtres, le Premier vindicateur – dont la rumeur prétend même qu’il commande aux démons – impose désormais sa loi à ceux qui, jadis, l’avaient humilié. La répression est impitoyable... Les peuples « libres » apprennent à leurs dépens que la vengeance est la plus lourde des chaînes.
Il ne reste plus à l’empereur du Levant qu’à soumettre le duché de la Marche, dernier flambeau d’une résistance à l’agonie.
Tout espoir est vain. Il ne reste rien.
Il paraît cependant qu’un audacieux s’est introduit dans la Citadelle noire et en a dérobé l’un des biens les plus sacrés du Très Saint Libérateur. Toutes les forces de l’Empire ont pour ordre de le ramener… vivant.

Collaborer ou résister ? Rester neutre ?
Rebelle ou bandit ? Question de point de vue.
Au cynisme des uns s’oppose le courage des autres.
Des clans barbares aux nations civilisées, du guerrier migou au jardinier myrmidon, pour les hommes et les fées, les ogres et les dragons, l’heure est venue de faire un choix : la soumission... ou la mort.
Seule la déesse de la Folie se rit encore du dieu de la Vengeance.

Entre dark et high fantasy, véritable hommage aux héros de la Résistance, les « Chroniques des secondes heures de Tanglemhor » sont une réponse au fatalisme ambiant et à la propagande des va-t-en-guerre de tous poils. Par une mise en scène quasi filmique, cette épopée sanglante et colorée emporte le lecteur dans un monde où la fureur des batailles rivalise avec la magie la plus noire pour exalter le destin de personnages flamboyants unis dans un seul objectif : la quête de Liberté.


Mes impressions

797 pages, pas moins ! Et en auto-édition ?
J'en entends déjà qui protestent, qui revendiquent et qui protestent !!!

" Trop long ! "
" Oh là là, non mais ça va pas,non ! "
" Et un auteur auto-édité, c'est un type qui n'a pas réussi à entrer dans une maison d'édition... "

Par les milles bouches de Naarabsahoum... Que vomisse le Grand Corrupteur !

Ceux qui lisent de la fantasy ne sont-ils pas habitués à ces énormes et généreux grimoires ?

Plus de 700 pages où l'on rencontre des nains, des orcs, des ogres, des voleurs, des pirates, une princesse, des magiciens de toutes sortes, des dragons, des démons, des monstres, des fées... J'en passe et des meilleurs ! Et ça, c'est sans s'attarder sur un panthéon merveilleusement développé !

Ce roman est d'une richesse inouïe !  Il ne fallait donc pas moins de 797 pages pour plonger dans ce monde fantastique superbement développé.

Car il ne s'agit pas ici de placer ces créatures et ces personnages en un fourre-tout gigantesque, tel un maître de jeu sous Red Bull, prenant un malin plaisir à épuiser ses malheureux joueurs,  quitte à ce qu'ils en attrapent des tendinites à trop lancer les dés !

Non, bien au contraire. Dans L'Œuf de Tanglemhor, les ambiances sont décrites avec précision, soignées et méticuleuses. Les monstres, les horreurs et les démons sont savamment distillés. Les personnages apparaissent progressivement, certains disparaissent pour ne réapparaître qu'à la fin, d'autres disparaissent tout court ...

Oui, dans un monde en guerre, forcément, il y a des victimes !

Surtout que les méchants, ici, sont particulièrement MÉCHANTS ! Et que les gentils, comble du comble, ne sont pas forcément si GENTILS ! Nécessité fait loi...

Les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, antipathiques où héroïques, sont tous développés et complexes ! Parfois énigmatiques, ils ne dévoilent leurs complètes personnalités que fort tardivement... Et en gardent certainement encore sous le coude, histoire de nous surprendre encore un peu dans le tome 2 !

Un tantinet frustrant, certes ... Mais quel plaisir lorsque les révélations tombent enfin !

Alors oui, il est auto-édité. Et à ma grande honte, alors que je suis moi-même auteur auto-édité, ce premier roman est le premier auto-édité que j'ouvre ...

Et quel plaisir ! Quel pied !

Aucune limite restrictive à l'imaginaire de l'auteur ! Aucun éditeur venant le conseiller ! Aucune obligation à satisfaire à des lobbies commerciaux !

Du coup, l'auteur va jusqu'au bout de ses principes et joue, non sans une certaine délectation, avec les piliers fondamentaux de la fantasy !

Ainsi rien n'est tout noir ou tout blanc.

Enfin si, certains sont vraiment noirs de chez noir, genre les démons et les nécromanciens ; ceux là, on ne peut plus rien pour eux... Et Le Premier Vindicateur, au passage, dans le rôle de grand méchant sans pitié est sacrément ahurissant...

Mais il n'y a pas que ça. Des méchants ne le sont peut-être pas tant que ça, ou du moins, donnent envie au lecteur de les approcher, de mieux les connaître. Des orcs exploités sans scrupules sont touchant dans leur détresse et le drame qu'ils vivent, tandis que les rôles de héros peuvent être alloués à des créatures guère habituées à ce genre d'honneurs...

Idem pour la typique quête qui sauvera le monde et que l'on a tendance à retrouver dans tous les bons livres de fantasy. Ici aussi, celle-ci est présente mais, de la même manière, est déformée et malmenée, très énigmatique.

Tous les personnages sont doués de réflexion et développent leurs points de vues,.  De leurs rencontres naissent parfois des dialogues d'une riche intensité. L'auteur parvient ainsi à faire passer des messages utiles et réfléchis. Là encore, l'auto-édition lui permet sans nul doute de distiller sans gène des satires de notre propre société, et de ses mal-façons, d'aborder par le biais de ses prêtres, quelques principes philosophiques passionnants et de défendre une conception sans équivoque de la liberté.

Parfois, la plume se veut légère et l'humour prend le pas sur les autres émotions, d'autres fois, elle se veut poétesse et nous fait rêver et souvent, souvent, elle s'emballe et décrit avec précision et justesse des scènes de combat, voir des batailles épiques qui en laisseront plus d'un la gueule béante ...

Un point sur lequel la plume d'Azaël Jhelil reste constante est sans nul doute la richesse de son vocabulaire et la maîtrise de la langue française.

Et vous n'en reviendrez pas, mais Azaël Jhelil ne compte pas s'arrêter en si bonne route... Le prolifique auteur est en train de nous concocter la suite de ce qui sera un dyptique ! Comble du comble, il ne s'agirait là que du premier !!!

Voilà ce qui vous attend si vous vous lancez dans la lecture de ce fabuleux roman qu'est L’œuf de Tanglemhor: Chroniques des secondes heures de Tanglemhor - Tome 1 !

Et si vous craquez, cliquez ICI !

Bref, l'auteur que je suis est très admiratif du travail abattu par Azaël Jhelil. Il m'encourage vivement à aller fouiner du côté de mes collègues auto-édités...

Les maisons d'éditions devraient franchement en faire autant ...

A bon entendeur...


VIT MA HAL !



Finie, la ballade dans les bois avec Le Soldat Chamane et Robin Hobb, il est temps de revenir à la réalité !






Je viens de clore Le Soldat Chamane, L'Intégrale 3  de Robin Hobb, qui, fidèle aux deux premiers volumes, ne renferme pas moins de 860 pages...



Ce roman contient les 3 derniers tomes du cycle. Ce sont Le renégat, Danse de terreur et Racines.





Ces trois tomes bénéficient de titres qui résument parfaitement les éléments clés de cette intégrale. Racines, notamment, me paraît à la sortie de ce récit, un mot proprement terrifiant... Je n'en dirai pas plus, ce serait vous gâcher le plaisir ! 

Le cycle du Soldat Chamane est un récit ingénieux et créatif même si dans l'ensemble, il comporte, comme je l'ai dit dans mes chroniques précédentes, quelques longueurs. 

La lutte interne de Jamère contre son double ocellion, qui cette fois-ci, prend entièrement le contrôle de leur corps commun, est passionnante. La narration est particulière puisque c'est toujours Jamère qui nous conte son aventure alors qu'il est en retrait, incapable de dominer son âme sœur. C'est en quelque sorte un fantôme qui erre dans l'esprit de son double, Fils-de-soldat... Il devient un observateur impuissant, parfois frustré, qui nous narre les décisions d'un être qu'il aime et déteste tout à la fois. La dualité du personnage principal est superbement insérée dans la trame du récit et amène beaucoup d’ambiguïté dans les préférences que nous, simples lecteurs, portons aux différents protagonistes.

Ainsi, Robin Hobb parvient à éliminer entièrement d'un récit fantaisiste la sempiternelle lutte entre le bien et le mal... Rien que pour cela, elle mérite notre reconnaissance éternelle !

Et l'inéluctable conclusion arrive. Le récit prend plusieurs fois des virages surprenants. Je gage que peu d'entre vous  devineront son déroulement avant d'arriver à sa fin.

L'ensemble est superbement traité. Les personnages secondaires sont fouillés et passionnants à découvrir. La logique de ce monde imaginaire si particulier est maîtrisée d'un bout à l'autre du cycle, et l'on se surprend à maudire cette magie, une entité impitoyable et rancunière, à craindre Orandula, l'ancien dieu qui ne cesse de réclamer une vie ou une mort à notre malheureux héros bipolaire, et enfin, à admirer le peuple océllion, un peuple qui a été capable de développer un lien unique avec la nature, un peuple qui a fait le choix de vivre en harmonie avec cette magie qui lie tout ce qui vit...  Et doit désormais faire le choix de détruire et d'entrer en guerre pour que survive son mode de vie ancestral.

Bref, du grand Robin Hobb.

A lire si l'on aime les aventures uniques et atypiques, modérées en actions et centrées sur les doutes et souffrances du héros. 
A lire si l'on aime être surpris par le tour que prend l'histoire. 

Les livres du bouquineur...



Les livres, les bouquins, les manuscrits, les carnets, les mémoires, les recueils, j’en passe et des meilleurs … 

Le bouquineur les empile et les entasse, les classe et les note, les dévore, les lit et les relit… Il consigne ses avis et impressions dans de petits carnets qui sont à leur tour empilés dans un coin de son bureau. 

Ses étagères débordent, des tas se transforment en colonnes supportant elles-mêmes des planches sur lesquelles siègent ses livres préférés. Il en a tant qu’il est bien incapable de faire un choix lorsque je lui demande, un brin malicieux, quel est son favori ! 

Sa cheminée ne fume jamais, même en période de grand froid… Trop de livres sont entassés en vrac près de l’âtre, délaissés depuis longtemps. Sa maison est la maison des courants d’air, tant il a peur que ses précieux bouquins prennent feu. 

Quant aux livres trop gros, eux, ils restent à la porte de son domaine et trônent au milieu de son jardin, entourés d’herbes folles – ou pas – et de fleurs exotiques jalouses de ces derniers qui empiètent sur leur si petit lopin de terre… 

Parfois le bouquineur ouvre l’un d’entre eux, monte au sommet de sa tour et va sur son balcon sans rambarde aux allures de plongeoir. Là, affublé d’un magnifique maillot de bain blanc à pois rouges, d’une bouée licorne, d’un tuba et de son chapeau de sorcier dont il ne se sépare jamais, il plonge littéralement dans les pages, histoire de faire quelques brasses au beau milieu des lettres et des mots, des phrases et des paragraphes, des vers et des strophes, qui se transforment très vite, dans son imaginaire débordant, en un nouveau monde… 

Et c'est cette petite île magique sur laquelle il vit qui flotte de par le vent étoilé au beau milieu de mon pays des songes.

Si vous aussi, vous souhaitez voir un bouquineur flotter par chez vous, certains d'entre eux sont disponibles ICI

























La Fée Des Dents, de Graham Joyce, où lorsque les cauchemars et les fantasmes de l'enfance prennent vie...




Résumé de l'éditeur

La fée des dents , ainsi appelle-t-on la petite souris qui passe sous l’oreiller des bambins en Grande-Bretagne. Une innocente invention, un conte pour enfants… jusqu’à cette nuit où le jeune Sam Southall la surprend dans sa chambre ! Voilà qui n’était pas prévu… ni le fait que la créature, qui s’appelle Quenotte, se révèle bien différente de la fée bienveillante qu’imaginent les petits. Perverse, dangereuse, elle va poursuivre Sam et sa bande de copains tout au long de leur adolescence, rythmée par des drames affreux, et changer leur vie pour toujours… Voici enfin réédité le chef-d’œuvre de Graham Joyce sur le merveilleux et l’étrangeté du monde de l’enfance, un somptueux roman initiatique dans la lignée de Stephen King et de Ray Bradbury. Un classique effrayant, nostalgique et drôle. 

Mes impressions 

Tout d'abord, un grand merci aux éditions Bragelonne qui ont décidé de fêter leur 10 ans tous les ans et d'éditer ainsi dix livres à dix euros l'unité une fois l'an ! Dix livres dans un format de qualité, souple et léger, à la couverture toujours très originale. De beaux objets pour un contenu varié qui permet aux lecteurs de découvrir pour un prix modique d'autres auteurs et leurs univers...

Mais revenons à cette fée des dents, ce conte fantastique qui mélange astucieusement le monde imaginaire de l'enfance aux contes anglo-saxons les plus terrifiants.

Cette fée qui répond au doux nom de Quenotte, est terriblement flippante. Graham Joyce a eu l'idée géniale d'en faire une espèce de lutine machiavélique, sournoise, jalouse, possessive et revancharde, dépendante des humeurs et émotions de Sam, l'enfant qu'elle malmène. A elle seule, elle représente les cauchemars, les terreurs et même les fantasmes de l'enfance.

Oui mais voilà, est-elle vraiment réelle ? C'est la question que l'on se pose durant une bonne partie du roman... Est-elle vraiment là, où n'est-ce qu'une création, un ami imaginaire un tantinet déviant qui sert à Sam d'exutoire ? Qui lui sert même à justifier des actes parfois répréhensibles ?

Et comme Sam, ainsi que ces copains, ont une enfance tourmentée, ponctuée par des drames, par une violence latente qui parfois leur explose au visage, Quenotte traîne ses bottes derrière toute leur enfance. Elle pousse même le vice jusqu'à prolonger sa présence à l'orée de l'adolescence. Les premières amours n'arrangent rien à l'affaire et la puberté majore ses apparitions, transformant parfois le monstre tueur de rêves en fantasme...

Atypique et flippante, Quenotte n'en est pourtant pas moins attachante et on attend chacune de ses apparitions avec impatience. Elles ponctuent le roman et donnent le rythme. Et ce rythme, c'est celui d'une enfance dans un quartier anglais, celui d'un groupe de copains un peu livré à lui-même, qui fait d'énormes âneries pour s'occuper l'esprit, qui apprend la vie, la mort, l'amour. Ce rythme, c'est également le tempo du rock anglais des années 70 à 80, celui qui donne naissance à ces esprits un peu perdus, un peu rebelles et légèrement anarchiques. Cette histoire, c'est en quelque sorte un hymne à l'enfance, aux rêves qui la ponctuent, au renoncement à l'imaginaire pour un monde plus terre à terre, par amour ou par obligation. 

Atypique, parfois troublant, voire gênant, La Fée Des Dents n'en est pas moins un roman unique où l'auteur prouve que le fantastique n'est pas qu'horreur et aventure, action et terreur. Le fantastique peut être un moyen de traiter de sujets délicats,  tel que celui du renoncement à l'enfance.


Des cahiers pour se raconter des histoires...




Pour écrire une histoire ou encore son journal intime, pour gribouiller des dessins et quelques croquis, il vous faut d'abord...

Un crayon ! 

Certes.

Mais il vous faudra à un moment ou un autre, un support. 
Qu'il prenne la forme d'un carnet ou d'un cahier à spirale, l'important, c'est qu'il sera le vôtre et n'aura rien de commun avec celui de votre chère cousine Berthe.

Les miens sont accessibles en cliquant ICI.











Non, n'insistez pas; Nono le petit robot est mon associé dans cette affaire... 
Il n'est pas à vendre !

Le Testament Zarkoff ... Silas Corey gagne en maturité.



NOVEMBRE 1918.
POUR DES MILLIONS DE FRANÇAIS, LA GUERRE EST TERMINÉE...
POUR SILAS COREY, ELLE NE FAIT QUE COMMENCER.








Me voilà à nouveau devant un coffret des plus tentateur; un diptyque relatant la guerre secrète de notre gentleman préféré, Silas Corey... Je craque !





L'intrigue, cette fois, pousse Silas, encore plus désabusé que lorsque nous l'avions quitté, a jouer les infiltrés en Bavière pour y rechercher l'héritier de la mère Zarkoff. Vous savez, c'est cette vieille dame machiavélique que l'on croise dans le premier opus, celle qui est à la tête du plus grand empire industriel de l'armement et qui met à genoux tous les politiques de l'époque...
Comble du comble, la mère Zarkoff est mourante et recherche un héritier.

Pourquoi ne pas demander à notre détective de le lui ramener ? Oui, mais pour qui va-t-il vraiment le rechercher ? Pour les Français qui veulent mettre à la tête de cette industrie des armes un de leurs sympathisants ? Pour éviter que l'Allemagne ne se l'accapare ? Ou simplement pour lui, pour tenter de soulager sa conscience trop aiguisée du monde dans lequel il évolue ? Ou enfin, pour se voir octroyer une paie rondelette ?

Là encore, l'auteur joue avec la complexité de son personnage et sème insidieusement le doute dans l'esprit de son lecteur. Même si les amis de notre détectives sont toujours présents dans ce second diptyque, Fabien Nury s'arrange pour les écarter rapidement du héros. Silas se retrouvera vite seul et devra se la jouer solo pour se sortir de ce guêpier. Toujours aussi vif d'esprit, il semble déjà deviner ce qu'il va se passer en Europe et reste des plus cyniques, du moins en apparence...


L'histoire, vous l'aurez deviné, est plus sombre. En Bavière, on découvre les méfaits de la guerre et ses conséquences politiques. Nous voilà à nouveau embarqués dans une enquête qui nous les portes de coulisses de cette époque en pleine ébullition. Sa trame s'enchevêtre savamment dans les méandres de l'Histoire avec un grand H.  Ainsi on est tout autant atterré que notre héros lorsque l'on découvre qu'une Europe en ruines, sortant à peine d'une effroyable guerre, doit de nouveau faire face à la montée en puissance de la haine, la rancœur et le désarroi. Et c'est dans ce terreau des plus riches que poussent les nouveaux partis. Le communisme, entre autres, mais aussi et surtout un groupuscule en plein essor, baptisé Thulé, nouvel ennemi de Silas Corey, et qui dans cet univers secret, donnera sans nul doute naissance au nazisme... 

L'intrigue est brillante et nous tient en haleine du début à la fin. 

Le trait de Pierre Alary est toujours aussi vif et énergique et ses plans s'harmonisent à merveille avec le scénario de son compère. Les couleurs sont fouillées et nous plongent encore une fois dans l'ambiance si particulière de cette époque.





Silas Corey est un personnage avec qui il faut désormais compter dans l'univers si riche de la bande dessinée.
On en redemande... Encore et encore !

Si jamais vous ne connaissez pas la série, allez donc faire un tour par LÀ. Vous y trouverez mes impressions sur le premier opus des aventures de Silas Corey, Le Réseau Aquila.

Retour sur les terres d'Akbar avec le chevalier Bragon...

La quête de l'oiseau du temps a été initiée en 1983 par Serge Le Tendre et Regis Loisel. J'avais alors 5 ans... Oui, je sai...

Popular Posts