Mon Usine à Rêves...




Mon usine à rêves est là à se promener dans les méandres de mon esprit, petite sphère hérissée de tours, d’ateliers, de manufactures et des milliers de cheminées qui siéent à ces établissements. Elle ne cesse de cheminer où bon lui semble, se laissant parfois porter par mes courants neuronaux, s’arrimant de temps à autre aux synapses les plus actives.

Il en émane souvent une fumée des plus épaisses, une fumée stupéfiante. 

Ce smog soporifique enraye mes neurones, paralyse mes synapses et embrouille mes idées. Il est si puissant qu’il met au rebut la poudre de sable doré de Nounours et du marchand de sable.

Je m’endors… Et l’usine se met en branle.

En son centre j’imagine une étoile qui se met à battre la chamade et inverse les machines. Dès lors, de complexes rouages construits par de savants érudits aujourd’hui disparus, inversent leurs roulements. Les aiguilles de la grande horloge permutent leur rotation. Les cheminées arrêtent de sécréter cette fameuse fumée liquoreuse pour devenir de véritables aspirateurs à souvenirs. 

Elles se frottent à mes neurones, titillent les neurorécepteurs et y aspirent des idées, des images, des couleurs, des sons ; tout ce que j’ai pu voir ou entendre et qui pourrait lui être utile, à elle, à mon usine à rêves… à ma grande ordonnatrice.

Ses cheminées sont particulièrement friandes de mes lectures…

Tout cela tombe en vrac dans de gigantesques hangars aux toits voûtés, où des milliers de lutins les attrapent et les entassent pêle-mêle sur de longs tapis roulants sinuant dans les confins de mon usine, passant à travers des tunnels sans fin, traversant et escaladant les tours et les édifices complexes... Ces idées en vrac sont attrapées à leur passage par les mains fiévreuses d’une multitude de vieux mages ridés, à la mine austère et au chapeau pointu. Ils ne capturent que les idées correspondant à leur thème de prédilection ; fantasme, fantastique, angoisse, aventure, horreur, terreur… J’en passe, et des meilleurs ! Une multitude de mages aux aspects reflétant leurs goûts pour une infinité de thèmes ! Ces clichés de mes pensées vont alors rejoindre l’une des centaines de bibliothèques qu’abrite cette grande ordonnatrice dans les tours les plus hautes. Là-haut, dans les tours enlacées, ces matières premières sont compilées, classées et organisées.

Le gardien des lieux, un être tout aussi vaporeux que les fumées produites par son usine, surgit enfin. L’esprit erre de bibliothèques en bibliothèques, tel un fantôme vagabond, voûté sous le poids d’une énorme besace. Il fait ses choix et ses longues mains spectrales glissent dans son sac les éléments dont il aura besoin. 

Une fois ce travail achevé, il vole vers les profondeurs proches de l’étoile, là où vivent les nains… Il leur donne la fameuse besace.

Alors, les nains s’activent. Dans des forges où le feu immortel de l’astre brûle éternellement, mes idées sortent de la besace et sont déposées au centre des âtres. Les nains les transforment ainsi en essences oniriques si précieuses à mes songes. Dans les profondeurs de l’usine résonnent leurs chants de bûcheurs harmonieusement entonnés en canon. 

Les essences oniriques naissent de ce long processus. Elles sont remises en mains propres au gardien qui flotte plus qu’il ne court vers son atelier. Ce concepteur de rêves les lie alors selon leurs affinités, tissent des liens, une trame plus ou moins consistante … Et voilà, le rêve est né. 

Il prend son envol, le plus souvent sous la forme d’une chimère et plonge dans l’une de mes synapses endormies.

Le rêve – ou le cauchemar – envahit ainsi mon esprit … Il ne me reste plus qu’à me laisser porter jusqu’au pays des songes !

Peut-être auriez-vous envie de m’y rejoindre ? 

Fouinez donc un peu dans les méandres de votre esprit … Vous trouverez très certainement dans l’un de ces nombreux cul-de-sacs, votre propre usine à rêves, endormie, froide, les rouages grippés, oubliée là lorsque l’enfant que vous étiez, a laissé la place à l’adulte que vous êtes...

Secouez-la ! Huilez-en les roues dentelées. Attisez le feu de son astre endormi. Soufflez sur l’étincelle qui ravivera ces forges !

Allez, soufflez donc plus fort ! 

Je vous prêterai volontiers quelques nains, lutins et mages, histoire de redémarrer l’affaire. J’en ai de trop, je ne sais plus quoi en faire... 

Très vite, vous me rejoindrez en ce monde où tout est possible... 

Bonne nuit, les petits !


Cette illustration est disponible sur plusieurs supports... Si elle vous tente, cliquez donc ICI ou bien encore ICI... Mais surtout pas LÀ !


 
 






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